La marche sur la pointe des pieds

Created with Sketch.

Qu'est-ce que c'est?

La marche sur la pointe des pieds est un mode d’acquisition de la marche très fréquent, qui se corrige spontanément dans la majorité des cas au cours de l’enfance. Elle est liée à 2 facteurs:

  • l’excès de tension du triceps, le muscle du mollet, donc la fonction est de déplacer la cheville vers le bas.
  • l’habitude qu’a pris l’enfant de marcher ainsi.

Le premier à se corriger est l’excès de tension du triceps. L’habitude de marche met plus de temps à se corriger.

La plus part du temps, aucune gêne n’est constatée. Parfois sont rapportées des chutes fréquentes ou quelques douleurs des pieds, surtout après des efforts soutenus. Le fait de marcher sur la pointe des pieds ne présente en revanche aucun risque pour les différentes articulations (pieds, genoux, hanches) ou le dos. La seule chose qui est vraiment abîmé par la marche sur la pointe des pieds, ce sont les chaussures.

Comment fait-on le diagnostic?

A l’examen, le médecin va d’abord observer l’enfant marcher. Il est habituel qu’à la consultation, l’enfant, se sachant observé, marche normalement, en posant bien le talon en premier. Cela n’est pas gênant car cela montre qu’il est capable de corriger sa marche, ce qui est un élément favorable. Il va ensuite lui être demandé de marcher sur le talon, pour apprécier la qualité des muscles qui relèvent le pied.

En position debout, on évaluera, la forme des pieds, des jambes et de la colonne vertébrale.

Sur la table d’examen, on quantifiera la souplesse de la cheville dans la position de relèvement maximum.

Un examen neurologique global sera enfin réalisé pour vérifier qu’il n’existe pas de problème neurologique sous-jacent.

Quels sont les traitements possibles?

Étant donnée l’évolution naturelle habituellement favorable, aucun traitement n’est nécessaire dans la majorité des cas. Un traitement n’est donc qu’à mettre en place qu’en cas de douleurs aux efforts ou de chutes fréquentes. Il n’y a pas de type de chaussure à privilégier ou de type d’activité sportive à favoriser.

Le premier traitement à mettre en place est de la kinésithérapie. Le travail va consister à étirer le triceps et renforcer les muscles qui relèvent le pied.

Dans les rares cas où l’on a pas eu d’amélioration avec la kinésithérapie, on peut proposer:

  • des attelles à porter la nuit, qui maintiennent le pied relevé pour étirer le triceps
  • une série de plâtres de correction. Il s’agit de bottes plâtrées, qui commencent sous le genou et descendent jusqu’au orteils. Les plâtres sont changés toutes les semaines à la consultation pendant 1 mois. A chaque plâtre, le pied est positionné en position plus relevée. On obtient ainsi un étirement très efficace du triceps, un peu comme si l’on faisait de la kinésithérapie en permanence. Les enfants sont autorisés à marcher avec leurs plâtres. Des chaussures à scratchs qui s’adaptent au plâtre sont à se procurer en pharmacie, pour que les plâtres ne soient pas salis lors de la marche.
photographie d'une botte plâtrée de marche

Enfin, dans les rares cas où les traitements précédents ont échoués, ou si la rétraction est d’emblée très importante, une chirurgie peut être proposée. On réalise alors un allongement du triceps. Il s’agit d’une chirurgie habituellement réalisée en ambulatoire. Des bottes plâtrées de marche sont mises en place pour 4 à 6 semaines.

dessins expliquant le principe des chirurgies d'allongement des tendons

 

Pour revenir sur le sommaire des pathologies, cliquez sur le lien.