La marche « pieds en dedans »

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Au cours de la croissance, il peut chez certains enfants survenir des changements dans la forme des jambes qui sont physiologiques, c’est à dire que l’on considère comme normaux et qui rentrent dans l’ordre progressivement.

Ces changements peuvent être responsables d’un trouble de la marche très fréquents, la marche « pieds en dedans ».

Ce trouble de la marche est habituellement lié à une anomalie de torsion osseuse, située au niveau du fémur ou du tibia.

schémas montrant une torsion tibiale interne et une torsion fémorale interne

La torsion tibiale interne

Elle est fréquemment associée à courbure du tibia, qui donne un aspect de jambes arquées, appelé aussi genu varum.

La « déformation » apparait habituellement vers l’acquisition de la marche, pour être maximale vers l’age de 18-24 mois. La correction spontanée commence à partir de l’age de 2 ans, et la correction est complète vers l’age de 3-4 ans.

La torsion fémorale interne

Il s’agit de l’anomalie torsionnelle la plus fréquente. Dans ce cas, les pieds mais aussi les genoux sont orientés en dedans au cours de la marche. Cette orientation des genoux en dedans donne un aspect de jambe « en X » que l’on appelle genu valgum. C’est également ce qui favorise la position assise en W.

La « déformation » apparait habituellement à l’acquisition de la marche. La correction spontanée avec la croissance peut survenir à des âges très variables, voire s’étaler sur toute la croissance.

position assise en W classique en cas de torsion fémorale interne

L'évolution

Ces anomalies torsionelles régressent habituellement au cours de la croissance.

Le fait de marcher avec les pieds en dedans peut être responsable de nombreuses chutes et gêner la fluidité des mouvements des jambes, en particulier de la course.

Les chutes diminuent habituellement vers l’âge de 6 ans, avec l’amélioration du contrôle moteur.

Le fait de « mal marcher » n’a aucune répercussion néfaste sur le fonctionnement des articulations des jambes et du dos. Il n’y a donc aucune séquelle à craindre.

Le traitement

Aucun traitement ne permet d’influer sur l’évolution naturelle qui va se faire au cours de la croissance. Il n’y a donc pas d’intérêt à la mise en place de semelles orthopédiques ni de chaussures particulières à favoriser. Il n’est pas non plus nécessaire de corriger la position assise.

La kinésithérapie n’a que très peu d’intérêt. En effet, elle ne va pas permettre de corriger la marche mais peut parfois permettre de limiter les chutes en faisant un travail de l’équilibre.

Enfin, dans de rares cas, des interventions chirurgicales peuvent être nécessaires. Ce sont des interventions qui sont simples sur le principe: on casse l’os, on le tourne et on le fixe pour qu’il puisse consolider en position corrigée. Mais ce sont des interventions qui présentent des risques. Il est donc difficile de les proposer alors que ces problèmes rentrent spontanément dans l’ordre dans la majorité des cas. Ces interventions ne sont donc discutées qu’en cas de gêne persistante à l’adolescence.

 

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